« En France, une rentrée scolaire sous le signe de nouveaux blocages, constate Le Temps à Genève. Les vacances de la Toussaint n’ont pas affaibli la détermination des syndicats lycéens et étudiants, qui ont appelé au blocage d’établissements dès ce lundi. La semaine sera aussi marquée par une importante grève jeudi, à l’appel des syndicats du privé et du public. »
« Cette nouvelle mobilisation, présentée comme “massive“ par le syndicat Force ouvrière, pourrait constituer un tournant en fonction de son ampleur, affirme La Croix. D’un côté, les syndicats annoncent leur volonté de passer à une autre étape sur les questions de pouvoir d’achat, de salaires et de services publics. De l’autre, le gouvernement, qui a tardé à apporter des mesures concrètes aux lycéens, campe sur une attitude de prudence, à l’image de sa discrétion médiatique hier, même s’il travaille déjà à des réponses politiques de court terme. »
Écouter les jeunes…
Et pourtant, s’exclame Libération, « il est plus que temps d’écouter » les jeunes, « de faire l’effort de les écouter vraiment, seule façon de sortir de cette crise par le haut. » D’autant, souligne le journal, que « le week-end a confirmé que ces aspirations de la jeunesse dépassaient les frontières françaises : dans toute l’Europe, une génération réclame un autre avenir que celui façonné par les politiques d’austérité, le poids de la dette et le monde de divisions mortifères dessiné par l’extrême droite. On a vu, dans les cortèges, se dessiner le portrait d’une génération joyeuse, combattante, militante et loin de se résigner. »
Et Libération de s’interroger : « Est-il si fou de réclamer le droit d’étudier ce que l’on veut, et dans de bonnes conditions ? En Allemagne, en Italie et en Belgique, les lycéens et les étudiants ont aussi au centre de leurs préoccupations : l’égalité des chances et, plus largement, le manque d’investissement dans l’éducation. »
Pulsion nihiliste ?
Autre point de vue pour Le Figaro, qui se focalise sur les violences… Le Figaro qui affirme que « depuis le premier jour, ce mouvement lycéen confond le droit de manifester et le désir de détruire. La pulsion nihiliste qui l’accompagne donne aux casseurs et aux censeurs le sentiment d’une puissance sans limite. (…) La liberté d’entreprendre, de vendre, de travailler a disparu, chaque samedi, des centres-villes, dénonce le quotidien de droite. Il ne s’agit plus d’achalander sa boutique mais de la barricader. (…) La liberté d’apprendre et d’enseigner, pour nombre de lycéens, d’étudiants et de professeurs, n’est déjà qu’un vieux souvenir. Des groupes ultra-minoritaires empêchent, intimident et menacent une large majorité de jeunes gens qui veulent profiter de ces semaines décisives pour apprendre à penser et à vivre en toute indépendance. »
« Se concentrer sur des enjeux fondamentaux pour le pays »
Pour Le Monde, cette mobilisation des lycéens est l’occasion d’un examen de conscience politique : « dans le climat crépusculaire ambiant, c’est plutôt une bonne nouvelle, lance le quotidien du soir : à moins de six mois de l’élection présidentielle, les lycéens obligent le débat public à se concentrer sur des enjeux fondamentaux pour le pays. Plutôt que les fausses pistes que l’extrême droite cherche à imposer, comme la chasse aux étrangers ou le nationalisme, on discute des problèmes de la jeunesse et de la façon d’améliorer le système éducatif, sujets dont dépend notre avenir commun, aussi bien sur le plan social qu’économique et politique. (…) Le mouvement ne vise pas à dénoncer une réforme, pointe encore Le Monde, mais à exiger le droit à une éducation de qualité, porteuse d’un avenir meilleur, autrement dit à faire respecter la promesse méritocratique bafouée. Si la contestation est si difficile à éteindre, c’est que les colères et les peurs, attisées par l’accumulation de menaces (guerres, racisme, précarité du travail, intelligence artificielle, etc.) ont été longtemps ignorées par un exécutif coupé des réalités des quartiers populaires, plus prompt à pratiquer l’amalgame lycéens-casseurs et à faire croire que Jean-Luc Mélenchon tire toutes les ficelles, qu’à apporter des réponses. »
Source: RFI · Frédéric Couteau
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