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Par Marie Jo Sader, Francesca Fattori  et Victor Simonnet 

Publié aujourd’hui à 05h30

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ExplicationsDepuis le « cessez-le-feu » d’octobre 2025, l’Etal hébreu présente les territoires qu’il occupe sur ces trois fronts comme des ceintures de sécurité, destinées à protéger ses frontières. Dans ces zones, le déploiement de l’armée s’accompagne de destructions massives, de déplacements de population et de nouvelles infrastructures militaires dont rien ne garantit le caractère provisoire.

Mahmoud Abou Roukba « ne pleure plus » la destruction de sa maison, mais il donnerait tout pour rentrer chez lui, à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza. « Si au moins nous pouvions retourner dans notre quartier, reconstruire quelque chose avec des bâches ou ce que nous pourrions y trouver… », confie cet ancien ouvrier de 42 ans joint par téléphone, Israël interdisant tout accès indépendant à Gaza à la presse étrangère depuis l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023. Contraint de se déplacer à plusieurs reprises avec sa famille, il survit dans une tente des camps insalubres d’Al-Mawassi, près de Khan Younès. Sa maison s’élevait à l’est de la « ligne jaune », une démarcation que l’armée israélienne interdit aux Palestiniens de Gaza de franchir.

La « ligne jaune » devait matérialiser une première étape du retrait israélien prévu par l’accord de « cessez-le-feu » d’octobre 2025 – depuis régulièrement violé par l’armée israélienne. Elle est pourtant devenue, de facto, une frontière intérieure. A l’ouest, plus de deux millions d’habitants s’entassent dans les ruines et les camps de fortune. A l’est s’étend un immense espace interdit à la population, sous contrôle militaire israélien.

Au printemps, une seconde délimitation, dite « ligne orange », a encore élargi le périmètre de cette zone. Selon l’Organisation des Nations unies (ONU), celle-ci recouvre désormais près de 65 % de la superficie du territoire. L’armée israélienne présente ces secteurs occupés comme une zone tampon, destinée à sécuriser les frontières du pays. Cette logique militaire est également à l’œuvre dans le sud du Liban et le sud-ouest de la Syrie.

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Source: Le Monde · Marie Jo Sader, Francesca Fattori, Victor Simonnet

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