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Loon-Plage, le 12 octobre 2026. Dans un campement situé à proximité du site de « Distro », un point de distribution humanitaire entouré de nombreux campements où vivent des personnes exilées dans des conditions précaires, deux jeunes femme
AIMÉE THIRION POUR « LE MONDE »

Par Véronique Chocron 

Publié hier à 20h00, modifié à 00h35

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ReportageAlors que l’Angleterre n’a rien perdu de son attractivité, et malgré l’évacuation ordonnée en 2016 par le ministre de l’intérieur d’alors, Bernard Cazeneuve, une multitude de petits campements, dissimulés dans des fourrés ou des buissons, dispersés dans le Dunkerquois et le Calaisis, ont pris le relais.

Il est 12 h 30 passées ce lundi d’octobre lorsque la camionnette de Salam, l’association d’aide aux migrants, se gare dans le camp de Loon-Plage, à une dizaine de kilomètres de Dunkerque (Nord). Une file impatiente est déjà formée sur le terrain vague et pousse si fort, lorsque débute la distribution des repas, que Christine (elle n’a pas souhaité donner son nom, comme toutes les personnes citées par leur prénom), bénévole, s’interpose en distribuant les couverts. « Ils ont faim, ils n’ont pas mangé depuis hier midi », indique Claire Millot, retraitée, ancienne professeure de lettres classiques et vice-présidente de Salam.

L’association, née d’une initiative citoyenne, a cuisiné 58 kilos de pâtes et une énorme bassine de poulet et de bouillon dans la salle paroissiale prêtée par l’église de Grande-Synthe. « On prépare pour à peu près 1 000-1 200 personnes, mais on ne sait jamais à l’avance combien seront là, car si la météo le permet, beaucoup partent sur le littoral pour tenter une traversée de la Manche vers l’Angleterre », explique Marie-Reine, également bénévole.

Il y a tout juste dix ans, le 24 octobre 2016, le ministre de l’intérieur d’alors, Bernard Cazeneuve, ordonnait le démantèlement de la « jungle de Calais ». Le plus grand bidonville d’Europe, principale porte d’entrée vers le Royaume-Uni, a abrité durant la crise migratoire jusqu’à 10 000 exilés. La plupart d’entre eux ont alors été répartis à travers la France.

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Source: Le Monde · Véronique Chocron

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